MASA 2018: Abidjan s’approprie son marché pour le monde

Le MASA, plus grand marché des arts de la scène en Afrique, ouvert officiellement  le 10 mars 2018 à Treichville à Abidjan bat son plein. Avec plusieurs centaines de spectacles et de représentations, c’est plus de 1300 festivaliers venus de 65 pays du monde qui participent à ce pèlerinage africain des arts et de la culture. Cette édition qui marque les 25 ans de la manifestation est l’occasion d’une nouvelle dynamique pour ce marché.

 

 

 

 

Korhogo, Bouaké, Bondoukou, Tiassalé, Yamoussokro et Abidjan ont été habillés de leurs plus belles couleurs depuis plusieurs semaines à travers une caravane pour l’occasion. La Côte d’Ivoire toute entière vibre au rythme des 25ans du MASA. Pour l’ouverture, ils étaient des milliers, les festivaliers, à prendre d’assaut la somptueuse cuvette du Palais de la culture d’Abidjan pour la célébration des noces d’argent de ce grand rendez-vous.

 

Au culte solennel d’ouverture, le ton a été donné par le Chœur Redemptoris de la Côte d’Ivoire qui a repris de façon harmonieuse l’Abidjanaise pour installer les officiels au nombre desquels le ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandaman et son homologue burkinabè en charge de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango et bien d’autres. Entre différentes allocutions et prestations, le tempo est ainsi donné pour le MASA 2018 sous le thème : « Quels modèles économiques pour les arts de la scène ? ».

 

Musique, danse, théâtre, humour, conte, poésie, slam, arts de la rue, mode, rencontres professionnelles, animations et aussi des tables rondes autour du thème central, telles sont les articulations du programme qui se déroule depuis le 10 mars dernier.

 

Abidjan désormais "fenêtre du monde des arts"

 

Le Marché des Arts du spectacle Africain demeure le MASA mais rebaptisé en Marché des Arts du spectacle d’Abidjan.

 

 

En effet, depuis ces dernières années, le partage et les échanges culturels dans cet espace ne se sont plus limités seulement aux professionnels de l’Afrique. Le MASA est un devenu un précieux label où tous les professionnels du monde ont souhaité y prendre part, à en croire le ministre ivoirien en charge de la Culture. A un certain moment il fallait redéfinir une vision plus grande de ce festival des arts de la scène qui n’a cessé de gagner du terrain. Le MASA à sa naissance, avait pour ambition de « faire la promotion des artistes africains. Il n’avait pas une ouverture au monde et cela ne permettait pas vraiment de rentabiliser et de permettre aux artistes de vivre de leur métier. Nous avons alors décidé de l’ouvrir au monde et c’est ce qui a été fait officiellement en 2016 », a expliqué Maurice Kouakou Bandaman. Cette 10e édition a enregistré des pays d’Afrique et de sa diaspora mais aussi des pays du monde tels que le Japon, le Mexique, l’Inde pour ne citer que ces pays-là.

 

Le Burkina Faso au MASA

 

A noter encore cette année sur les abords de la lagune Ebrié, une participation assez significative des acteurs culturels burkinabè !

 

 

Si dans la sélection officielle on ne peut signaler que le Collectif Qu’on sonne et voix-aile (catégorie slam) et le groupe Dodo (catégorie arts de la rue), néanmoins on remarque cette année encore une forte présence d’artistes, de managers, de promoteurs de spectacles, d’administrateurs culturels, etc. du pays des Hommes intègres. Cette délégation avec à sa tête le premier responsable du département en charge de la Culture se taille une part belle au MASA 2018.

 

Entre autres, sont présent à Abidjan pour la sélection Off la troupe Kantigui de Orodara, Marie Gayerie et son équipe, la musicienne Rama, KPG conteur, l’humoriste la Jaguar, Malika la Slameuse, Pamika, etc.

 

A préciser que tous ces artistes burkinabè y participent de leurs propres frais et ne sont pris en charge visiblement qu’au niveau de l’hébergement et de la restauration. Aussi, sans cachet, ils disposent d’une enveloppe du MASA en guise de per diem. Ainsi donc, chaque artiste ou groupe d’artistes a payé les frais de transport de son équipe en plus des frais de répétition depuis le pays afin de parvenir à Abidjan. C’est un geste louable, et quand on veut on peut ! Chapeau !

 

 

Ces actes forts témoignent non seulement du professionnalisme mais aussi du dynamisme de nos artistes qui au-delà, de considérer la Côte d’Ivoire comme un pays frère, en ont fait leur propre patrie. Il n’y a pas seulement que les artistes ; sont également présent des promoteurs et autres  professionnels burkinabè du monde du spectacle à savoir Koudbi Koala des Nuits Atypiques de Koudougou, Alif Naaba de la Cour du Naaba, Salif Sanfo de Ouistiti d’Or, Gerard Koala du Festival Ouaga - New-York, Boniface Kagambega du festival Rendez-vous chez nous, Anselme Sawadogo de Jazz à Ouaga, Bazemsé, la comédienne Samira Sawadogo dite inspectrice Mouna, le directeur général du CENASA,...

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