Cartographie de la musique traditionnelle Burkinabè

24/10/2017

Le Burkina Faso sur ses 274 000 km² de superficie est pourvu d’une multitude de danses et de musiques traditionnelles. Toutes associées à un nombre important d’instruments divers, elles sont ou étaient toujours à des fins ou des fonctions précises.

 

 

La musique s’interpose partout et depuis toujours entre l’homme et sa quête d’une dimension supérieure ; c’est au moyen de sons que s’opère cet échange. In Laurent Aubert, «Lucie RAULT, instruments de musique du monde», Cahiers d’ethnomusicologie, 14 ǀ 2001, 277-283

 

Les griots, caste de musiciens, ont toujours été présents à tous les niveaux de la vie. Que ce soit des baptêmes, des mariages, des funérailles ou toute autre cérémonie, la musique a perpétuellement occupé une place prépondérante dans  les traditions africaines.

 

La société burkinabè ne déroge pas à la règle. Des grands groupes ethniques Sénoufo, Bobo, Lobi, Dagara à l’Ouest et au Sud-ouest du pays, des Samos et Marka au Nord-ouest en passant par la famille Gourounsi au Centre-ouest et au Sud, ou du plateau Moagha(Mossi ou Mossé) s’étendant jusqu’à à la lisière du Gulmu à l’Est, et des Bissa au Centre-est, ou encore des peuples Peulhs ou Bella du Nord, le Burkina Faso est composé d’une soixantaine d’ethnies. Liés dans l’espace ou par l’histoire, des études récentes ont montrées que cette pléthore de groupes socioculturels a, chacun, en moyenne cinq genres musicaux. Ainsi fait, on se retrouve avec au moins 300 expressions ou variétés à travers le Pays des Hommes intègres.

 

Zone géographique

 

 

Les différentes représentations, matérielles (objets) ou immatérielles (message), au Burkina en fonction des instruments utilisés se décomposent principalement en quatre (04) zones. Une cartographie faite par le Musée de la musique Georges Ouédraogo à Ouagadougou donne cet aperçu :

- Le Nord du pays, avec les Peulhs et les Bella où l’on trouve principalement des flûtes et des luths. Ces populations ont une musique propre à elles, où l’on rencontre également des variantes avec des instruments à percussion.

- Le Centre, le Centre-est et l’Est, avec les Mossé, les Bissa et les Gourmantché, où rivalisent des tambours cylindriques et autres instruments à percussion membranophones. On y retrouve des sonorités bien connues telles que le Warba, le Wiiré, le Wenega chez les Mossé.

- Le Nord-ouest, le Centre ouest et le Sud habités par les Samos, Marka et Gourounsi qui excellent dans l’utilisation des flûtes et des sifflets. Les Gourounsi, qui ont une musique, assez athlétique utilisent, outre ces aérophones, des tambours.

- L’Ouest et le Sud-ouest ou les danses et musiques s’articulent presque exclusivement aux sons des balafons, du xylophone et du tambour. Le balafon et ses différentes variantes occupent l’espace Sénoufo, qui va au-delà des frontières du Burkina. Ces pratiques et ces expressions sont inscrites sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

 

Bien qu’il y ait des particularités en fonction de ces quatre zones géographiques, il y a des ressemblances dans plusieurs grands groupes ethniques. Ainsi, les tambours se retrouvent un peu partout au Burkina avec des variances au niveau de la technique de confection, notamment les matières utilisées. Au sahel par exemple, le tambour le plus connu est primordialement un mortier, qui sera recouvert de membrane. Chez les Mossé, on retrouve soit la calebasse ou des troncs d’arbres comme caisse de résonnance. Les flûtes sont également utilisées par plusieurs groupes ethniques.

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Partenaires

    Vous aimez notre plateforme? Merci de faire un don pour contribuer à son développement !

© OtherSide Africa 2018 par Belélé Jérôme William