Ses deux-roues, son poulet bicyclette, ses festivals...Ouagadougou, la ville culturelle multi-facette

04/10/2017

Communément appelée Ouaga, elle est la capitale et la plus grande ville du Burkina Faso. Au cœur de l’Afrique de l’ouest, l’histoire de Ouagadougou, dont les historiens situent  la fondation au XIe siècle, se lie à celle du peuple Mossi, qui l’habite majoritairement. Au-delà de tout, elle est devenue une ville culturelle, chaleureuse avec de multiples facettes.

 

 

Bref rappel historique

 

Situé au milieu de la savane ouest-africaine, Kombemtinga, la « terre des princes » originellement, a été fondée au XIe siècle par les Nyonyonsé (1). Puis Woogrtenga, « là où on reçoit des honneurs, du respect », c’est cette appellation qui aurait évolué pour donner Woghodogo, puis Ouagadougou dans sa version occidentalisée. Les versions expliquant ce changement d’appellation sont nombreuses et parfois opposées. Selon celle du Larlé Naaba, détenteur des secrets du Royaume Mossi, les fondateurs, subissant des assauts répétés d’un peuple voisin, durent demander la protection de l'Empereur mossi Zoungrana, alors établi à Tenkodogo. Celui-ci confia la défense de la ville à son fils Oubri. Les Nyonyonsé se soumirent, et la localité fut alors rebaptisée. La ville devint capitale de l’Empire Mossi en 1441 sous le règne de Naaba Niandéfo. Mais ce n’est qu’en 1681 qu’elle deviendra résidence permanente des empereurs (Mogh-naaba), avec Naaba Sanem. En français, on utilise « Mossi », alors qu'en langue moré (mooré), on dit « Moossé » (« moose » ; pluriel de « moaga »).

 

Devenue capitale du territoire de Haute-Volta en 1919, la ville perd sa prééminence pendant les années de partage du territoire (1932-1947). À la reconstitution de la colonie, l’administration est de nouveau transférée à Ouagadougou.

 

De l’arrivée du chemin de fer, en 1954, jusqu’à l’indépendance (1960), la population de la ville va doubler, passant de 30 000 à plus de 60 000 habitants. Par la suite, le nombre de Ouagalais doublera régulièrement tous les dix ans : 500 000 au début des années 90 et plus de 2 millions aujourd’hui. C'est le centre culturel, économique et administratif du pays.

 

La ville de Ouagadougou

 

Dans la ville de Ouagadougou ont y retrouvent plusieurs monuments. Ces œuvres d’arts plastiques et architecturaux, pour la grande majorité, sont des commandes de l’administration publique ou de sociétés privées. On remarque également quelques-unes relevant de l’initiative de certains artistes. Ainsi, plusieurs œuvres acquises par l’Etat burkinabè ou des investisseurs privés trouvent leur rôle dans la ville. Ce concept a connu une période de grâce durant la Révolution d’Août-1983 avec notamment la réalisation de plusieurs monuments. Au nombre de ces derniers on peut citer : La place ou le monument des Cinéastes africains, La bataille des rails «Kon menem-moogho», La place «Naaba Koom» ou le monument de l’hospitalité et de bienvenue et Le square Princesse Yennenga.

 

 

Brèves présentation et historique de quelques œuvres dans l’espace public à Ouagadougou:

 

- Le Panthéon des martyrs : Réalisé à Ouaga 2000, au bout du boulevard Mouamar Kadhafi, ce monument a été conçu pour honorer la mémoire des Burkinabè qui se seraient particulièrement illustrés au service de la patrie. Initialement appelé Mémorial aux héros nationaux, il a été rebaptisé le 30 mai 2015 lors de la cérémonie d’hommage aux victimes de l’insurrection populaire de 2014 au Burkina en mémoire de ceux qui sont tombés.

 

- La place ou le monument des Cinéastes africains : De forme dynamique, c'est une roquette prête à s'envoler vers la victoire, c'est ainsi que le décrit l'artiste qui l'a conçu.

 

Situé à côté de la mairie centrale de Ouagadougou, ce monument, qui a été bâti en 1987 symbolise les outils de travail des cinéastes. Il a été érigé dans le but de rendre hommage à ces derniers.

 

- La place Naaba Koom ou le monument de l’hospitalité et de bienvenue.

 

Située en face de la gare ferroviaire, elle est dominée par un monument de 6 mètres de haut, représentant une femme portant l’eau de bienvenue aux étrangers arrivant à Ouagadougou par le train. Cette place a été érigée en l’honneur de Naaba Koom, un des rois Mossi, dont elle porte le nom et sous le règne duquel le chemin de fer, construit depuis la Côte d’Ivoire, serait arrivé à Ouagadougou. C’est en 1986 que ce monument a été installé.

 

- Le rond-point ou Place des Nations Unies

D’abord un buisson, ensuite un rond-point en béton, puis le monument de l’Idée en 1984. Le rond-point tel qu’on le voit de nos jours a été aménagé par Guy Compaoré, un artiste plasticien également réalisateur du monument de l’Idée. Actuellement, l’œuvre qui s’y trouve, à l’est de l’avenue de la Nation, représente le globe terrestre avec l’emblème des Nations Unies.

 

- La bataille des rails « Kon menem-moogho »

Au croisement des avenues de la Nation et Oumarou Kanaozé, le monument, en bronze de 2,5 mètres de haut, représente un homme portant un morceau de rail sur son épaule. Dénommé «Kon menem-moogho», c'est-à-dire «ne disparaîtra pas du monde» par la population, il symbolise la volonté de désenclavement du pays, notamment la région sahélienne, par le prolongement de la voie ferrée en direction de Kaya, puis Tambao.

 

- Monument  de la place du 2-Octobre,

Au croisement des avenues du Yatenga et du Kadiogo, il est construit, en souvenir au premier anniversaire de la publication du Discours  d’orientation politique (DOP). Discours matérialisant les axes politiques de la Révolution de 1983.

 

- Le square Princesse Yennenga

Réalisé en 1984, il aurait été recommandé par le ministère de  l’Environnement et du Tourisme de l'époque, en mémoire de la princesse  Yennenga, fille du roi de Gambaga et mère de  Ouédraogo, ancêtre des Mossi. Il est situé à l’angle des avenues Yennenga et de la Résistance du 17-Mai.

 

- Le Mausolée du Docteur  Léo  Frobenius

Situé au nord de l’aéroport de Ouagadougou, à quelques encablures de la ZACA, ce mausolée est en hommage à Léo Frobenius (1873-1938), anthropologue allemand ; un explorateur à la fois passionné et empiriste, humaniste et africaniste. Il a séjourné à Ouagadougou du 3 septembre au 28 décembre 1908.

 

- L’enfant africain (la princesse Naomi)

Rachid Khimoune a réalisé la Farandole des enfants du monde en 2001. 21 sculptures installées à Paris en 2001 symbolisant  l’entrée dans le 21ème siècle. Pour chaque enfant, deux (02)  pièces originales existent, jumelant ainsi Paris à 20 capitales étrangères. Installé en face de l’hôpital pédiatrique Charles de Gaulle, Naomi l’Africaine relie Paris à Ouagadougou depuis février 2007.

 

- Place du Grand-Lyon

Espace comprenant un lion symbolisant les relations de coopération entre Ouagadougou et Lyon. Cette place est située en face de l’Institut français Georges Méliès.

 

" Ville chaleureuse au propre comme au figuré, Ouagadougou offre des nuits chaudes à travers différents maquis, bars, snacks et boites de nuits. "

 

Divertissement et gastronomie

 

Ville chaleureuse au propre comme au figuré, Ouagadougou offre des nuits chaudes à travers différents maquis, bars, snacks et boites de nuits. Au nombre de ces espaces, un grand nombre retient l’attention et fait le plaisir des citadins et des visiteurs de passage dans la ville. Grâce à leur proposition de prestations artistiques, beaucoup de ces cadres qui proposent des spectacles vivants ne désemplissent pas.

 

Du Point focal, à quelques pas du site du Salon international de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO), au One Love Café, en face du Stade du 4-aout, en passant par le Foyer de l’ATB, les amoureux de musiques live en ont pour toutes les tendances dans plusieurs points chauds de la ville.

 

Le Djongo club, qui performe au Paradis des meilleurs vins, situé sur l’avenue Kwamé N’Krumah, propose des soirées live inédites ou rivalisent musique de fusion, rock, reggae, jazz, etc. le tout dans un cadre agréable soft ou se rencontrent des acteurs de différents domaines. 

 

Le P’tit Bazar, lieu incontournable pour certains expatriés et artistes locaux, il s'agit d'un bar avec une grande scène couverte. La terrasse en escalier permet de bien apprécier les concerts de tous genres. Avec une bonne ambiance c’est un endroit très fréquenté, avec un niveau sonore assez élevé.

 

 

Quant à la cuisine, elle est riche et variée. Cependant de passage à Ouaga, vous devrez vous couler les dents dans le poulet braisé connu sous le nom de poulet bicyclette. Qu’il soit flambé, grillé ou télévisé, tout le monde aime le poulet Ouagalais dit-on. À Ouagadougou, le poulet bicyclette est devenu une marque de fabrique. Anti-modèle du poulet de chair si répandu en Occident, congelé puis exporté dans certains pays en Afrique, la volaille dans la capitale Burkinabè mériterait d’être décorée tant elle rend de services. Elle s’est même développée une économie en milieu rural face à une existence souvent précaire. De nombreux festivals de grillade se sont développés autour de cette consommation. Le délicieux poulet bicyclette de Ouaga peut être mangé avec différentes garnitures accompagnés de Brakina, la bière locale, ou de divers autres jus naturels (jus de tamarin et fruits tropicaux).

 

A Ouagadougou on aime aussi le fameux riz au soumbala(2) ou le « Moui-kolgo »

 

en langue mooré. Peu sont les restaurants de la ville d’ailleurs qui n’ont pas le riz gras au soumbala dans leur menu.

 

Appelé également capitale des deux roues à une époque, pour certains, on se croirait en Asie du sud-est en venant à Ouagadougou. Toute chose liée à la prédilection qu’ont beaucoup de ses habitants à utiliser la moto comme moyen de locomotion. Le parc national de motos est estimé à plus de 600 000. Un séjour à Ouaga, c’est sans doute aussi un tour sur un engin à deux roues pour profiter du soleil et de la vue.

 

Aux côtés de son histoire, de sa population de deux roues et sa gastronomie, gravitent de nombreuses grandes manifestations culturelles (FESPACO, SIAO, Jazz à Ouaga, Rendez-vous chez nous, etc) qui font de Ouagadougou une ville chaleureuse avec de multiples facettes, toujours à découvrir.

*(1) Population autochtone du Burkina avec les Gourounsi, les Nyonyonsé sont réputés pour être maître du vent et de la pluie.

*(2) Le soumbala est une épice utilisée en Afrique de l’Ouest, fabriqué traditionnellement avec les graines de l’arbre néré. Les femmes Burkinabè, jusqu’à nos jours, perpétue sa tradition dans les arts culinaire, connaissant bien sûr ces vertus. Il renferme le goût de plusieurs condiments à la fois à en croire les plus avertie de la saveur.

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