Collectif ACMUR: Bientôt un Centre régional des arts pour l’espace public

03/10/2017

Entrant dans le cadre d’un de ses objectifs principaux notamment celui de la démocratisation de l’art, le collectif Association Arts, Clowns, Marionnettes et Musique dans nos rues (ACMUR) a organisé un atelier de formation au cours du mois de juin 2017 dans la ville de Bobo-Dioulasso. Regroupant des acteurs culturels venus de plusieurs pays d’Afrique, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de la mise en place d’un Centre régional des arts pour l’espace public très prochainement dans cette ville de Sya.

 

 

 

Installer les bases d’un centre d’incubation de compétences dans les domaines des arts dans l’espace public, c’est en cela qu’a constitué le premier atelier de formation du genre, initié par le collectif ACMUR avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) du 12 au 20 juin 2017.

 

En effet, depuis quelques années, avec le festival « Rendez-vous chez nous » porté par le collectif ACMUR, il a été accueilli plus de 25 créations de collaboration sur lesquelles il y a à peine 5 issues directement d’Afrique de l’Ouest. La majorité étant celles entre des artistes de la sous-région et des Européens. « On avait envie de développer un processus d’écriture en Afrique de l’Ouest à partir d’artistes d’ici. Nous n’avions pas envie de reproduire des propos importé, car en quelques sortes les artistes Burkinabè, Maliens, Ivoiriens, etc. sont ainsi la main-d’œuvre de projets européens », a d’emblée expliqué Philippe Chaudoir, le coordonnateur de l’atelier. Pour lui, le collectif ACMUR, à travers cette activité, veut que des projets émergent et se développent dans la sous-région et parle des problématiques contemporaines africaines. Cet atelier s’inscrit donc dans la logique d’une longue série de formations et de créations.

 

En sus « nous voulons donner plus de vie au Centre Siraba qui nous a accueillis. Depuis quelques années nous l’expérimentons à travers une collaboration, mais cette formation est aussi la base pour nous de lancer un Centre régional des arts pour l’espace public » qui aura comme vocation de travailler sur les arts dans la rue à l’échelle ouest-africain voir de tout le continent, a confié le coordonnateur.

 

10 acteurs culturels bien outillés pour commencer

 

Ainsi, dans le cadre de cette activité, une dizaine de participants venus du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Tchad et du Burkina ont bénéficié de connaissances d’écriture sur les arts de la rue. Il faut dire que les arts en Afrique de façon générale ont toujours été « dans les rues », où ils sont le plus développés. Mais pour cet atelier il a été question d’une approche d’écriture contemporaine, a fait savoir le formateur principal, Camille Amouro, venu du Bénin.

 

« Je dirai que c’était une rencontre de partage de connaissances sur l’espace public et la scénographie urbaine ». Aussi, sur la présentation de la forme d’un projet d’écriture en espace public afin de cerner la différence entre un spectacle en salle et celui dans l’espace public. « Chaque participant a travaillé sur un projet personnel. Ils sont très divers et tiennent à la fois des traditions ou de l’origine de chacun mais également de la volonté d’une écriture contemporaine », a expliqué Camille.

 

Dans une belle ambiance, les participants n’ont pas manqué de manifester leur enthousiasme d’avoir pris part à cet atelier. Une aventure qui démarre pour beaucoup, et des projets en commun sont d’ailleurs nés de la rencontre des uns et des autres. C’est ainsi que Bonaventure Madjitoubangar du Tchad s’en va réjoui de ce conclave sur les arts de la rue. « La grande richesse que j’ai tiré de cette formation, c’est celle rassemblée à travers les participants venus de différents pays et notamment de cultures diverses.  Car cela nous a permis de nous connaitre dans le domaine des arts mais aussi humainement. Ces échanges ont permis de partager nos difficultés rencontrés sur le terrain afin de mieux  continuer dans un bon élan pour mettre en place un processus de création dans le cadre d’une plateforme ».

 

Satisfecit général

 

 

Motif de satisfaction donc pour les participants qui ont surtout apprécié la méthodologie. « J’ai beaucoup appris. En tant que comédienne qui a déjà beaucoup joué dans la rue avec une compagnie, cet atelier m’a beaucoup émerveillé. J’ai assisté à plusieurs formations mais je n’avais jamais assisté à une de ce genre pour l’écriture dans l’espace public. Et là j’ai appris quelque chose d’immense » s’est félicitée Rahilatou  du Niger. Et d’ajouter que « la méthodologie, m’a beaucoup émerveillé car ce n’était pas comme on a l’habitude de le voir à d’autres formations où on se retrouve seulement entre quatre murs, mais c’était vraiment bien élaboré avec bien d’enseignements pratiques ».

 

Pour le formateur, Camille Amouro, tout aussi satisfait du déroulement des travaux, ce qu’ACMUR a fait est un travail remarquable. « En constatant avec eux qu’en Afrique francophone il est possible de travailler de cette manière ça me donne beaucoup d’espoir. C’est une semence qui va permettre un bon en avant dans la vision de la fonction de l’artiste en Afrique », s’est-il réjoui.

 

Le seul bémol, pour beaucoup d’entre eux c’est la durée de la formation qu’ils trouvent minime. « J’aurai souhaité que la période soit plus longue pour nous permettre d’avoir davantage d’outils », a regretté un peu Rahilatou.

 

Néanmoins, si tout est au mieux pour le maximum c’est grâce à l’abnégation des organisateurs qui pensent avoir atteint leur but. « J’ai participé à l’ensemble de la formation et c’était vraiment passionnant, car du rôle de coordonnateur de l’atelier je me suis retrouvé de pleins pieds comme participants actif et cela était intéressant. J’ai donc trouvé le contenu extrêmement riche par la qualité des participations. En tant qu’organisateur je crois que nous avons parfaitement rempli nos objectifs qui étaient que les participants entrent dans le processus d’écriture et de création dans l’espace public. On a déjà des projets presqu’aboutis et surtout une envie commune des participants de continuer ensemble ce travail », foi de Philippe Chaudoir. Toute chose qui augure de nouvelles perspectives car, dit-il, « nous espérons de cela qu’émergent plusieurs spectacles que nous pourrons ensuite programmer à « Rendez-vous chez nous » mais aussi dans divers festivals en Afrique de l’Ouest ».

 

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